Retranscription écrite de l'interview du 22 juin 2017

02/11/2017 16:53

Entrevue avec Ariane Bilheran sur les « droits sexuels » des enfants

Par Charles Marsan

 

A noter :

En raison de divergences stratégiques fondamentales et majeures concernant le niveau d’informations à donner aux français, ainsi que les actions à mener, Ariane Bilheran a quitté le collectif des professionnels cité dans cette interview. Elle ne s’engage donc pas sur les analyses ni les actions proposées par ce collectif.

Afin de mieux comprendre les enjeux que soulèvent les réformes concernant « l’éducation sexuelle » des enfants au Québec et en France, je vous invite à prendre connaissance des propos de la psychologue clinicienne, psychopathologue et auteur Ariane Bilheran.

 

Charles Marsan :

Bonjour Ariane Bilheran et merci d’avoir accepté mon invitation. 

On vous connaît en tant qu’auteur très prolifique au Québec, vous avez écrit notamment un excellent livre sur le harcèlement moral. 

Vous êtes venue présenter une conférence sur l’autorité, le suicide en entreprise, le harcèlement en entreprise, les risques psychosociaux du harcèlement. 

Vous avez écrit en 2006 je crois, à mon sens le meilleur livre sur le harcèlement dans la famille, au niveau institutionnel et dans l’entreprise.

Premièrement, dites-nous quand et comment vous êtes venue à vous questionner sur « l’éducation sexuelle » des enfants ?

 

Ariane Bilheran :

Alors, ce qui s’est passé, pour la petite histoire, il y a quelques mois, enfin en octobre 2016, une collègue psy m’envoie une vidéo d’une dame qui s’appelle Marion SIGAUT, qui parle donc de ces « droits sexuels » et cette dame alerte depuis plusieurs années apparemment, donc moi je n’avais pas eu encore connaissance de tout cela, et donc en octobre, je reçois cette vidéo. 

Alors, il faut savoir que Marion SIGAUT est une historienne très très controversée en France, en tout cas par le courant « normatif », le bien-pensant qui l’a cataloguée, on va dire, dans les mouvances extrêmes-droites etc. mais je crois important, en tout cas moi ma posture, c’est d’entendre ce que les gens ont à dire, avant de les classifier, de les stigmatiser, et de toute façon je ne stigmatise personne pour des opinons que ne me conviennent pas, tant que ces opinions évidemment ne sont pas des appels au meurtre ou à la pédophilie précisément.

Donc je crois qu’en démocratie, on doit pouvoir s’entendre dans nos différences de pensée. 

Bon bref, ça c’est le petit aparté, mais ça me vaut énormément d’attaques, puisque évidemment moi-même maintenant je suis classée « extrême-droite », « catho-intégriste » etc. tout simplement pour avoir eu l’honnêteté et la rigueur de raconter, on va dire, la paternité de cette découverte qui pour moi est passée par cette vidéo de Marion SIGAUT.

L’amie psychologue me dit : « tu ne peux pas te renseigner un petit peu ? » et je me dis que je vais regarder car quand même s’est un peu affolant, s’est effrayant ce qu’elle dit. Et au final, je tombe d’abord sur Hoaxbuster que vous connaissez aussi au Québec, qui dénonce les canulars et je vois que c’est classé canulars et donc à partir d’Hoaxbuster je vais quand même regarder les textes, ce qu’ils n’ont manifestement pas fait avant de me dire que c’est un canular... pour m’apercevoir qu’il y a une montagne de textes extrêmement préoccupants dont les gens ne sont pas informés et qui s’infiltrent dans les pays au travers d’une infiltration idéologique, sur différents supports, à travers les organes des décideurs, des gouvernements. 

Et les gens ne sont pas au courant et ces textes sont extrêmement préoccupants pour la question de la protection de l’enfance et la question de la lutte contre la pédocriminalité, qui ne sont tout simplement jamais jamais évoqués dans ces textes de « droits sexuels », ni le concept de mineur sexuel, ni la question de la lutte contre la pédocriminalité. 

En fait, je prends un exemple : cette « déclaration internationale des droits sexuels » qui s’amalgame encore une fois de façon frauduleuse aux droits de l’Homme, passe par le planning familial international et ensuite par les plannings familiaux des pays. Et donc j’ai une  collègue psychologue qui fait de la politique et qui a reçu, par exemple, ces demandes, ces exigences du planning familial, qui est payé par les impôts des Français, concernant « l’éducation à la sexualité » alors que ça n’a jamais été quelque chose qui a été débattu par des experts dans notre pays ou dont les français ont été informés en tant  que citoyens, en tant que parents. Donc ces lobbies sont extrêmement problématiques. 

Voilà, j’ai analysé dans le détail ces textes pour faire mon livre et après j’ai fait une petite vidéo de présentation. Je pensais qu’il y aurait mon lectorat habituel, c’est-à-dire des gens qui s’intéressent aux processus totalitaires, peut-être 300 personnes qui regarderaient la vidéo, j’ai fait une petite présentation de mon livre et ensuite cette vidéo a été extrêmement virale, sur Facebook, elle a été vue 156 000 fois environ en une semaine et elle est partie au même moment, sans que je le sache, que le « Grand Plan Santé Sexuelle 2017 – 2030 » en France qui inclut cette question de l'« éducation sexuelle » des enfants. 

Et ensuite, j’ai fait une seconde vidéo pour expliquer d’autres textes un peu fondateurs comme ça au niveau international, les « Standards de l’éducation sexuelle en Europe », qui font de l’Europe une sorte de laboratoire…

 

Charles Marsan :

Dans votre plus récent livre, vous mentionnez les dangers des « droits sexuels » en affirmant que ces derniers portent le risque d’un retour au chaos et à la barbarie. Vous insistez aussi beaucoup sur les glissements de langage qui selon vous seraient la caractéristique, la marque de la paranoïa. Expliquez-nous un peu ce que vous voulez dire.

 

Ariane Bilheran :

Alors, il y a aussi derrière tout ça, la question d’un projet de société, autour de quoi s’organise la société, la civilisation ? 

Est-ce qu’elle s’organise autour d’interdits civilisateurs comme l’interdit du meurtre, de l’inceste ? 

Est-ce qu’elle prône des hautes valeurs morales et des valeurs spirituelles ou au contraire est-ce qu’elle est promotrice d’une idéologie du plaisir sans entrave et de la jouissance sans entrave qui est évidemment le projet pervers.

On le voit très clairement dans la « déclaration des droits sexuels », je vous cite : « le plaisir est un aspect intrinsèque de la sexualité, le droit de rechercher, d’exprimer, de déterminer quand en faire l’expérience ne doit être nier à personne ».

Donc, on est ici en fait dans une confusion du besoin et du droit. 

D’ailleurs, il est question dans ces textes de satisfaire les « droits sexuels », ça veut dire satisfaire les besoins sexuels, il y a encore un glissement de langage. 

Alors, depuis la nuit des temps, on sait bien que l’être humain, s’il est dans ce projet de jouissance sans entrave, c’est-à-dire d’asservissement à ses pulsions et à ses passions, sera bien incapable de développer une conscience politique, de développer des œuvres de civilisation et d’être en recherche de sa liberté.

Qu’est-ce que le droit ? 

Théoriquement, la sexualité c’est entre adultes responsables donc grands garçons ou grandes filles, qui peuvent faire ce qu’ils veulent dans leur sphère intime de plaisir, donc qu’est-ce que c’est ce droit au plaisir et comment est-ce qu’on peut d’ailleurs imposer le plaisir, je veux dire c’est quelque chose qui vient d’ailleurs, pas seulement dans une conception mécanique telle qu’elle est enseignée en disant que la jouissance est politique parce que j’ai lu des textes comme ça très féministes, la jouissance est une affaire politique et que l’émancipation de la femme passera par son plaisir sexuel, si l’émancipation de la femme passe par la jouissance vaginale et clitoridienne, ça veut dire que femme est réduite à cet endroit là !

Et je crois qu’il faut bien entendre les paradoxes là-dedans c’est à dire que ce qui est considéré comme émancipation est en réalité une dissociation de l’individu dans son être, entre ses organes génitaux, sa sexualité mécanique on va dire, ses émotions, ses sentiments, sa vie affective et sa pensée et voire même sa spiritualité. 

Et je crois qu’il faut aussi poser enfin la question : qu’est-que c’est que la sexualité ?

Pour moi, ces textes sont une atteinte à l’innocence de l’enfant donc c’est très très grave du point de vue de l’humanité et sont une atteinte à la sexualité, parce que quand je lis ces textes et tous les textes et leurs dérivés sur ce que c’est que la sexualité, je me dis qu’on enseignerait tout ce qui est mécanique et de l’ordre de dix mille postures et positions etc. de bouchage de trous, c’est à dire une sexualité quand même réduite à ça et un plaisir réduit à une conception assez mécaniste, instrumentalisée, d’ailleurs, on enseigne bien les « relations de type transactionnel » dans les Standards, c’est à dire à partir de 15 ans si mes souvenirs sont bons, on va enseigner les relations de type transactionnel, c’est à dire la sexualité en échange d’argent, en espagnol c’est « relaciones comerciales », relations commerciales. 

Donc, je crois que pour qui a été amoureux, la sexualité qui est présentée là est tout sauf facteur d’émancipation, mais facteur d’asservissement, parce que qu’on sait, ce qu’on peut souhaiter à chaque adolescent qui fait son initiation sexuelle dans sa première relation sexuelle qui est de l’ordre initiatique bien sûr, c’est d’être amoureux parce que ça présente une dimension du mystère et quelque chose des émois qui vont être beaucoup plus créateurs de plaisir dans une globalité de l’être que d’une sexualité proprement mécanique autour de « comment est-ce qu’on fait exciter un clitoris ? ». 

Et c’est bien dans cette rencontre d’amour d’ailleurs c’est dans le terme sexualité « secare » veut dire couper les deux sexes, j’en reviens à l’origine de l’étymologie et de ce qu’en dit d’ailleurs Platon, les deux sexes ont été coupés à l’origine et ils vont  se rejoindre dans la sexualité au-delà justement de cette altérité fondamentale, au travers de la question de l’amour qui va leur permettre justement d’aller au « septième ciel » et non pas de « prendre son pied ». Je crois qu’il faut entendre les expressions « prendre son pied », « tirer un coup » sont des expressions guerrières qui à mon avis ne valorisent pas du tout le féminin. 

Tandis qu’honorer la femme et aller au « septième ciel » ensemble, on est vraiment dans l’autre dimension et c’est très étrange que ces textes ne parlent jamais, pratiquement jamais de sentiments, de vie affective, de caractère précieux, de la pudeur, de caractères précieux de ce mystère précisément qui donne accès, pour ceux qui le connaissent, pour ceux qui savent justement, qui ont eu cette initiation dans l’amour, à ce que les philosophes appellent le sentiment du sublime et qui est précisément un aperçu de la dimension de l’infini. 

Et je crois que là on a une vraie question spirituelle presque, même pas presque mais fondamentalement spirituelle qui est « est-ce que l’humain est tout puissant, auto-créateur et s’auto-engendre, détermine son sexe, fait fi de toutes les lois de la nature pour devenir un être complètement coupé de la nature qui s’auto-détermine à tous les étages, en fait se prend pour Dieu, où est-ce que l’humain revient à un étage un peu plus humble en sachant très bien, encore une autre question philosophique, qu’il est un produit de la nature et de la culture c’est-à-dire qu’il ne peut pas être un être de culture s’il renie sa nature ? ». 

Et il ne peut pas être un être complètement de nature non plus donc le « tout nature », « nous ne sommes pas des êtres de culture » n’est pas juste mais le « tout culture » qui nie la nature et dit que maintenant on peut nier son sexe biologique, nier ses racines, nier justement ses déterminants naturels me paraît extrêmement dangereux, dangereux. 

Et d’ailleurs, à chaque fois qu’on nie la nature, on est dans des processus de destruction. 

Toute façon, notre civilisation en est à un point en terme de destruction de la nature qu’effectivement, je pense qu’on peut difficilement faire pire. 

Mais là, c’est encore un projet supplémentaire qui n’a pas été pensé. Le droit normalement suppose de renoncer à la jouissance expansive et ces désirs particuliers pour accéder à l’Universel, or ici c’est exactement le contraire qui nous est proposé et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai bien analysé le faux raisonnement, le sophisme à la base des « droits sexuels » et c’est la raison pour laquelle, ils viennent contredire les droits de l’Homme.

 

Charles Marsan :

Justement, pouvez-vous parler de l’éducation et de son rôle ?

 

Ariane Bilheran :

Oui, je pose quand même quelques questions philosophiques à mon avis fondamentales, encore une fois par rapport à ce projet qui est tout sauf humaniste et qui émane de ces « droits sexuels ». 

Alors ma première question : qu’est-ce que c’est qu’éduquer ? 

A quoi ça sert et pourquoi on éduque puisqu’on nous parle « d’éducation à la sexualité » ? 

Je pense important de revenir à des fondamentaux, il y a des esprits brillants dans l’humanité qui ont pensé cette question de l’éducation, on a le philosophe Kant avec ses Réflexions sur l’éducation, on a Hegel avec ses Textes pédagogiques, ce sont de très très grands philosophes, on a bien sûr Platon qui a, avant toute chose, posé la question avec Socrate du savoir inné ou acquis et des modalités pédagogiques de développement de l’esprit critique. Tout ça me paraît fondamental avant de poser ce paradoxe de « l’éducation à la sexualité ». 

Alors pourquoi « educare ». signifie en Latin « conduire hors de l’état de pulsion et de l’état infantile, infantile qui signifie « ne pas être en capacité de parler », et de parler en conscience, du terme « fari » en latin. 

Donc éduquer, ça signifie conduire hors de l’état d’enfant vers l’autonomie, c’est-à-dire sa capacité à se fixer lui-même ses propres lois donc à devenir citoyen en tant qu’adulte. Alors, voyez que ça accolé avec le terme « sexualité », c’est quand même très particulier puisque éduquer d’abord ça signifie le refoulement de nos pulsions primaires, de meurtre, de destruction etc. pour pouvoir ensuite construire quelque chose. Ca passe par deux processus psychiques fondamentaux, la création d’interdits qui vont du coup nous obliger à différer nos pulsions et nos désirs premiers pour les transformer, donc d’un point de vue pulsionnel, ça s’appelle la sublimation, d’ailleurs c’est Freud qui l’a théorisé donc la question aussi de l’instrumentalisation des textes de Freud pour des idéologies pédophiles, il faudrait en reparler, donc la question de la sublimation, transformation des pulsions pour être en capacité d’utiliser cette énergie, et la canaliser pour faire des œuvres de civilisation. Et le deuxième processus, c’est le processus de symbolisation, c’est-à-dire la capacité à créer de la pensée justement en lieu et place de la pulsion primaire. Donc tout ça c’est la fonction de l’éducation qui construit effectivement l’esprit critique et est d’abord fondée sur la question de la discipline et la question des interdits.

Alors je voudrais vous lire un passage par exemple de Kant, de ses Réflexions sur l’éducation, qui dit bien que : « c’est que l’élève construise lui-même ses idées » alors pour Kant, il faut au départ que l’enfant  apprenne la discipline, il ne peut rien apprendre d’autres s’il n’a pas appris la discipline, ce qui est un peu logique donc ce qu’il faut « c’est que l’élève construise lui-même ses idées au lieu de les recevoir toutes faites du dehors ».

Alors Kant, on est en entrain de déconstruire au moment où l’enfant construit ses repères identificatoires toutes les bases culturelles, toutes les bases sociétales, politiques etc. alors que l’enfant n’a absolument pas eu la possibilité de construire un esprit critique, c’est extrêmement problématique et c’est ce qui est proposé dans la question de l’apprentissage des « droits sexuels » très tôt qui déconstruisent « les déterminants sociaux et culturels » donc introduisent un troisième terme, un savoir entre guillemets qui n’est pas un savoir, qui est une idéologie donc il faut quand même lire derrière, et l’idéologie d’un humain qui est en capacité de choisir son sexe, ça on en reparlera, d’un humain qui est en capacité de distinguer la sexualité de la reproduction, question philosophique également.  Je crois qu’il faut aussi en parler avant de poser ça comme un acquis absolu, et qui est donc en capacité de se libérer de ses « déterminants culturels » et de ses racines, puisque bien sûr n’oublions pas que cette « éducation sexuelle » est obligatoire et donc contredit la déclaration des droits de l’Homme quant aux prérogatives premières des parents en matière d’éducation.Ce qui est très problématique puisque, comme le dit un autre grand philosophe, Hegel, la question de l’éducation c’est d’abord la question de l’éducation dans la famille qui sera une éducation par le sentiment qui est fondamental pour que l’enfant acquière un sentiment de sécurité intérieure. Et qu’est-ce qu’on va faire en introduisant cette sexualité adulte très précocement alors que l’enfant n’en manifeste ni le besoin, n’en a pas la maturité et n’a pas de demande ? Et bien, on va en fait effracter, c’est-à-dire empêcher la création de l’imaginaire chez l’enfant, qui est fondamentale pour l’enfant pour la constitution de son intime et de sa sécurité intérieure. Alors, je dis ça pourquoi ? Quel est le problème de ce que l’enfant fabule sur la façon dont on fait les bébés ? Nous, en psychopathologie, on parle du roman familial, par exemple, c’est l’enfant qui va se poser la question sur ses parents, sont-ils ses vrais parents ? Est-il peut-être le fils d’un prince et d’une princesse dans une autre contrée etc. ? Et c’est quoi le problème en fait ? Il faut que l’enfant se raconte des histoires et puis quand il sera en âge, lui, de venir à cette réalité de la sexualité adulte, à ce moment-là, il posera les questions et petit à petit sur comment on fait les bébés, il posera la question quand il sera en mesure d’en entendre quelque chose et d’ailleurs la réponse peut-être il la transformera aussi : ce n’est pas grave. C’est vraiment un état très très important pour l’enfant. Alors voilà, déjà éduquer qu’est-ce que c’est ? Un enfant qu’est-ce que c’est ? Alors je dis ça parce que dans les textes sur les « droits sexuels », l’enfant finalement « selon ses capacités évolutives », expression extrêmement floue, de toute façon ça accole l’enfant avec la question de « l’autonomie », de la « responsabilité ». L’enfant serait responsable et aurait quelque chose à dire de ses « droits sexuels » et de la « citoyenneté » puisqu’ils nous parlent bien de « citoyenneté sexuelle ». Donc, on est en train de catapulter à peu près tout le sens des termes et personnellement, au regard de toutes les recherches que j’ai faites sur le totalitarisme, ça me met cette novlangue, ces acollations de termes contradictoires entre eux me met des warning extrêmement puissants sur la propagande et le projet qu’il y a derrière, sachant que tous les totalitarismes ont œuvré à arracher les enfants à des « déterminants sociaux et culturels » et précisément avant toute chose, à leur famille. 

 

Charles Marsan :

Dans votre vidéo qui présente votre livre L’imposture des droits sexuels, vous parlez aussi des dérives possibles aussi autour de la notion d’égalité. Pouvez-vous développer un peu votre propos ?

 

Ariane Bilheran :

Alors une des dérives de ces « droits sexuels » c’est la question de l’égalité puisque c’est nous dit-on pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et les hétérosexuels et les homosexuels et en fait l’égalité dans toute la population.

Alors première chose, enfin moi ça me met des gros warning en général ce terme d’égalité parce qu’on a une égalité de droit et encore parce qu’en fonction de la catégorie de population à laquelle on appartient, on a plus ou moins de droits justement, le droit de l’enfant n’est pas le même que le droit de l’adulte et on ne peut pas le confondre donc je crois qu’il y a dans ce concept d’égalité quelque chose souvent de très totalitaire surtout quand ça émane de ceux qui ont la passion du pouvoir et je crois que les gens devraient vraiment se méfier de ceux qui ont la passion du pouvoir.

Platon disait qu’il faudrait que soient au pouvoir des philosophes mais que les philosophes n’ont pas du tout envie d’être au pouvoir parce qu’ils sont sages et n’ont pas la passion du pouvoir. Mais ceux qui ont vraiment la passion du pouvoir, il faut vraiment se méfier donc quand les textes émanent d’en haut comme ça de façon si antidémocratique effectivement sans consulter les peuples, au mépris d’eux, et en disant même qu’ils prétendent s’imposer aux Etats, c’est assez problématique.

Donc la question d’égalité, il y a une confusion entre l’égalité de droit et l’égalité de fait, qui est présente dans ces textes puisqu’encore une fois, on ne discrimine plus par l’âge, on ne discrimine plus par le sexe, on ne discrimine plus par pleins d’autres facteurs, donc on est sur une égalité qui est en réalité confusionnante et qui rejoint la définition du harcèlement qui est bien de herseler c’est-à-dire d’égaliser un champ et rejoint aussi la Gleichschaltung des années 1930, l’égalisation du peuple donc couper un peu toutes les têtes qui dépassent et effectivement harmoniser tout ça entre guillemets dans un projet plus totalitaire.

Voilà donc je suis très préoccupée par la question de l’idéologie, l’idéologie c’est la croyance qui se transforme en certitude et qu’on impose, par exemple sur le genre, qui est une théorie anthropologique. Alors une théorie, je vais prendre la définition du dictionnaire : on enseigne un truc qui n’est pas une théorie. Alors c’est quoi car on enseigne bien les identités de genre, à 4 ans en tout cas selon les standards c’est prévu. Donc « identidad des género » en espagnol et en français « identité sexuelle » bien sûr car la question du genre a tellement fait polémique qu’on l’a introduit un peu différemment.

Donc, à partir du moment où on enseigne les stéréotypes de genres et les identités de genre, on est bien en train d’enseigner « un système d’hypothèses ou une connaissance spéculative » ? ça c’est la définition du Larousse. Donc si ce n’est pas une théorie dans ce cas là c’est une pratique qu’on enseigne ! C’est quoi ?

Donc ce sont des absurdités, des espèces de capsules comme ça dans lesquelles on nous enferme en nous disant qu’il n’y a pas de théorie du genre. Mais bien sûr que si il y a une théorie ! Après la question, c’est a-t-elle été validée ? Quelle est sa validité et surtout au-delà de ça, pourquoi aller embêter des enfants si jeunes avec cette question-là ? Alors qu’il est si simple de leur apprendre par imitation ce que c’est que le respect, de travailler à avoir une société moins violente et de les laisser surtout tranquilles et se développer à leur rythme, en  nous prenant comme modèle. 

A un moment donné, il faut remettre les choses à leur place, on est des adultes qui vont mal, une société qui va très mal, qui extrêmement violente. En on vient en plus intruser toute la vie infantile pour leur dire qu’il faut pas qu’ils fassent ce que nous on fait ! Je ne sais pas, ça me fait vraiment penser à la posture paranoïaque qui va dire à l’enfant : « c’est pour ton bien que je fais ça  et je viens te dire ce que tu dois faire ». 

D’abord commençons par nous.

Commençons par nous, quels sont les modèles ? Alors, on ne veut pas qu’ils aillent dans la pornographie, et bien arrêtons d’en montrer partout ! Travaillons ça ! Et en même temps, on nous dit que cet enseignement c’est pour lutter contre la pornographie ! Alors que vient faire l’enseignement de la pornographie dans les Standards… à partir de 15 ans ? Question !

Il faut bien comprendre aussi qu’à partir du moment où l’on nomme, on fait exister. A partir du moment où l’on nomme pour l’enfant, on fait exister. C’est cela qui est traumatique. Il n’y a pas en plus, au-delà des discours aussi très manipulateurs qui nous disent que on va dire à trente enfants en public, on va leur parler de la masturbation pour leur dire c’est intime. Alors pourquoi, on en parle à trente personnes en public ? Est-ce qu’on fait ça nous dans les dîners de famille ? Est-ce qu’on fait ça dans une conférence publique ? Enfin c’est du délire là ! On est en plein délire.

Voilà donc cette question de l’égalité est pour moi extrêmement problématique. Et je ne suis pas sûre qu’une société doive s’enraciner sur ce concept d’égalité dont on voit tout de suite les dérives émerger, dérives qui sont en réalité le rejet de la différence. Et alors pour ces personnes qui disent lutter contre les persécutions, je trouve vraiment étonnant les réactions que nous subissons, que moi je subis en tout cas suite à mes questionnements, que nous subissons, nous le collectif de professionnels sur la santé mentale depuis que nous avons évoqué la question des dangers pour le psychisme de l’enfant. Nous subissons une police de la pensée, extrêmement violente et agressive dans les mails qu’on reçoit, dans les insultes qu’on reçoit, qui m’interpelle vraiment sur la tolérance justement présente et la question évidemment des procédés totalitaires. Cela ne fait que confirmer en réalité l’existence de ces processus totalitaires.

Et je trouve ça extrêmement inquiétant et je recommande vraiment à chaque citoyen de se documenter très sérieusement sur ce qui est en train de se passer. On essaye de faire une travail de vulgarisation qui est absolument bénévole que nous faisons sur nos nuits, sur nos week-end, je dirais par préoccupation humaniste et professionnelle pour la santé mentale de l’enfant, mais effectivement et sans financement non non ça aussi car on nous demande quels sont nos conflits d’intérêts et nos lobbies on a pas de conflits d’intérêts c’est bien pour ça qu’on est en capacité de dénoncer ceux des autres. Voilà !

 

Charles Marsan :

Quels sont les liens entre le harcèlement, le totalitarisme et les « droits sexuels » ?

 

Ariane Bilheran :

Alors cette histoire de « droits sexuels », pour moi c’est le projet pervers qui aide à l’avènement du projet totalitaire. J’ai toujours dans mes travaux montré comment la perversion était l’adjuvante de la paranoïa dans le totalitarisme, paranoïa qui utilise le harcèlement mais qui utilise aussi la perversion pour parvenir à ses fins.

Alors ici, il est question d’effracter l’intime dès le plus jeune âge des enfants, de confusion totale entre l’enfant et l’adulte c’est-à-dire le déni de la vulnérabilité de l’enfant puisqu’il est considéré « responsable », « autonome », « citoyen » etc., de confusion totale entre le public et le privé, du déni des prérogatives parentales, de déni de la culture et de ce que l’on appelle au niveau du projet paranoïaque, l’autoengendrement, c’est-à-dire cet humain qui se prend pour Dieu, qui croit qu’il est en capacité d’être tout puissant, auto-engendré, sans passé, voilà !

Et là, je crois qu’on a quelque chose d’assez grave qui rejoint aussi toutes les études que je fais sur les dérives du langage donc la question des « droits sexuels » et des besoins sexuels, question de la « carrière sexuelle » qui est mentionnée dans les « Standards pour l’éducation sexuelle en Europe » assimilant le sexe et la sexualité donc à un travail.

On a ces différents items et cette novlangue aussi qui est introduite de plus en plus, alors les orientations sexuelles, on a « pansexuel », « cissexuel », « hétérocentré »… Alors la question de la novlangue elle est quand même très très très problématique parce qu’elle renvoie systématiquement et ça fait très longtemps que cela a été dit, à la question du délire paranoïaque qui réinvente le réel au travers d’items, d’un vocabulaire qui lui est propre. Ceci a été bien étudié par Victor Klemperer par exemple au niveau d’une assise qu’on change, on change l’appréhension même du réel, on fait rentrer les gens dans un délire au travers de la langue et cette novlangue en fait c’est aussi quelque chose de très problématique.

Goebbels disait « on va travailler la langue de telle façon à ce qu’elle ne puisse plus exprimer que nos idées » et là j’ai un peu l’impression qu’on atterrit à cet endroit. Je trouve ça extrêmement problématique et donc voilà les liens et voilà pourquoi le sous-titre du livre est « la loi du pédophile au service du totalitarisme mondial ». Et je crois que, on va dire que j’exagère mais je crois que malheureusement dans quelques années, on dira que j’ai raison.

 

Charles Marsan :

Parlez nous un peu du collectif de professionnels dont vous faites parti en France ?

 

Ariane Bilheran :

Ce collectif est constitué de professionnels de l’enfance, de la santé mentale de l’enfance, de la santé mentale liée aux traumatismes sexuels infantiles etc. Et donc nous proposons déjà le travail que nous avons fait d’investigation et de recherches sérieuses sur les références, les sources et les origines de ces « droits sexuels » et de cette « éducation sexuelle » et nous proposons en tout cas au regard de la France, nous interpellons sur la protection des mineurs. Nous faisons 5 propositions, nous avons un site internet sur lequel chacun peut se rendre et n’hésitez pas à signer la pétition pour nous soutenir parce que nous avons besoin de votre soutien pour interpeller sur la vie psychique des enfants.

Il est quand même très étonnant que cette histoire de « droits sexuels » et « d’éducation sexuelle » ne prenne pas en compte la vie psychique des enfants et soit seulement le fruit de projections adultes, de sexologie adulte sur une éventuelle « curiosité sexuelle » des enfants. 

Et ensuite on peut aussi se poser la question, parce qu’on nous sort des arguments comme « ça empêche les grossesses précoces, c’est bien parce qu’il y a des enfants, ils ont déjà une sexualité à l’âge de 10 ans etc. » Au-delà de la validité de ces arguments sur laquelle nous sommes justement en train de travailler, ce n’est pas si certains que ces arguments soient si valides que cela, il y a aussi la question de l’exception qui se prend pour la règle ! Il n’y a pas de mal à être une exception, il n’y a pas de mal à être une règle mais un moment donné pour des exceptions, on va traumatiser, on va prendre le risque de traumatiser le plus grand nombre d’enfants qui soit !

Et c’est un peu la même chose sur ces questions de concepts d’hétérocentré, enfin cette novlangue, à un moment donné la majorité de la population, je suis désolée, est hétérosexuelle, ça ne veut pas dire qu’il faille persécuter les homosexuels absolument pas mais ça ne veut pas dire qu’on doive travailler à changer de paradigme pour faire de l’homosexualité la norme. C’est quand même assez préoccupant.

Préoccupant parce que « qui a décidé de changer la norme ? » La norme c’est ce qui fait la règle générale. Qui a décidé que l’on modifiait l’exception et est-ce mauvais d’être une exception ? Je ne sais pas mais de ma connaissance l’homosexualité a toujours été quelque chose de revendiqué comme une marginalité un peu intellectuelle, féconde, je pense à Oscar Wilde, je pense à la poétesse Sappho en lien avec l’artistique etc. Et donc maintenant on modifie la norme en intervenant, dès la plus tendre enfance, sur les enfants.

La question, c’est laisser aux adultes le choix de faire ce qu’ils veulent, dans la limite du respect à autrui, ce qui n’est pas mentionné dans cette histoire de « droits sexuels », je vous ai lu sur la question du plaisir comme paradigme premier : plaisir sexuel.

Par contre, protéger absolument les mineurs de toute cette intrusion à la sexualité des adultes. Je ne sais pas mais j’ai l’impression qu’on doit maintenant expliquer aux gens qu’il ne faut pas arroser une plante avec du pétrole parce que les effets vont être désastreux, je crois qu’on en est là, c’est-à-dire une perte totale et radicale de bon sens sous la propagande. Je ne sais pas mais je reviens souvent à l’agriculture, alors dans l’agriculture pour la création effectivement, il y a des principes mâles et des principes femelles, un arbre sans racine ne vit pas et on ne va pas demander à un petit arbre de produire autant quand il est tout naissant qu’un arbre adulte. Et on ne va pas l’embêter avec la question de la production de ses fruits ou la reproduction. Voilà, ça me paraît un peu délirant tout ça.

 

Charles Marsan :

J’imagine vos détracteurs affirmer que vous êtes probablement un groupe de catholiques d’extrême-droite et vous vous opposez aux nouvelles réformes par principe ou idéologie. Dites-nous en quoi votre position diffère de celle des catholiques qui, on peut le comprendre, s’opposent au fait d’enseigner la sexualité dans les écoles ?

 

Ariane Bilheran :

En fait, je ne sais pas exactement quelles sont les revendications des catholiques de droite intégristes mais je suis quand même surprise de la suspicion créée sur les religions. Alors, je ne parle pas des fanatiques bien sûr mais en tout cas des cathos, des musulmans etc. religions qui, il me semble, revendiquent des valeurs morales.

Alors évidemment, « droit à la vie » etc. la problématique c’est que des fois ces valeurs morales rentrent en contradiction  avec d’autres valeurs morales donc là, il y a toujours la question de la morale comme Idée et la réalisation dans une éthique dans le réel. Donc c’est là où on a des conflits éthiques qu’il faut réussir à résoudre, on le voit très bien sur la question de l’euthanasie, la question de l’avortement etc. mais je ne comprends pas ces procès d’intention qui sont d’emblée faits maintenant aux religions. Enfin, je veux dire tout le monde a le droit d’exister dans la société avec des racines, avec des cultures différentes, avec des religions différentes ou pas de religion, enfin une histoire familiale.

Et je trouve qu’il y a aussi derrière ces questions de « droits sexuels », dans la façon dont elles présentent les religions comme relatives, la culture comme relative, l’ordre public comme relatif, l’ordre moral comme relatif, quelque chose qui est très dangereux et qui en fait nie totalement les différences au prétexte de combattre les persécutions.

Voilà donc, nous notre combat il est professionnel, moi mon combat particulier, au regard de tous les travaux que j’ai faits antérieurement, est un combat contre, ce n’est même pas un combat, c’est une mise en lumière des procédés totalitaires et paranoïaques.

Maintenant, au niveau du comité professionnel que nous avons créé de santé mentale de l’enfance et du trauma en France, c’est un comité de professionnels qui parle tout simplement de la question des dangers pour l’enfant d’introduire la question de la sexualité adulte dans des programmes éducatifs.

Et qu’on ne nous raconte pas qu’on prend en compte le sexuel infantile. Je prends un exemple dans les « Standards pour l’éducation sexuelle en Europe »que j’ai lu en 3 langues, en espagnol il est bien fait mention à 6 ans : « relaciones sexuales con penetracion » (avec pénétration), en français c’est juste marqué « relations sexuelles » mais on est bien en train de parler de la sexualité adulte à des enfants !

Donc ces textes sont très dangereux et leur intrusion idéologique dans les pays est très dangereuse aussi. Donc nous notre posture est professionnelle mais j’imagine que les religions ont une posture morale, je rappelle que s’il n’y a pas la morale, c’est immoral. Donc quel type de société on veut, ça ne veut pas dire qu’il faut respecter une loi morale sans prendre en compte, justement encore une fois, ces applications éthiques dans le concret dans notre réalité de matière qui fait que des fois, il y a des conflits moraux effectivement qu’il faut réussir à résoudre mais je ne vois pas en quoi c’est mal et en quoi on devrait bannir toute les revendications des courants religieux traditionnels.

Voilà donc ceci est ma réponse et je pense qu’il faut vraiment réfléchir à la question de cet homme nouveau qu’on veut nous présenter en faisant fi de l’histoire, en faisant fi des courants religieux différents, en faisant fi des histoires familiales, des histoires politiques, des affinités politiques et justement de nos diversités culturelles et de nos différences profondes.

 

Conclusion :

Ariane Bilheran :

Pour conclure, je vais parler de quelque chose dont je pense que l’oon ne parlera pas forcément beaucoup ensuite donc je vais en profiter. Je parlais de cette atteinte à l’innocence de l’enfance et à la sexualité, et je crois que la sexualité c’est un lieu très intime bien sûr où lorsqu’elle est exercée dans l’amour, elle introduit la notion du don, du don absolu et du partage c’est-à-dire qu’on va penser quand on est amoureux au plaisir de son partenaire ou sa partenaire bien avant le sien et on va se donner effectivement dans son être tout entier.

Et cette question qui n’est jamais abordée comme ça puisque ça fait réactionnaire maintenant parce que ce qui est cool et progressiste c’est le « viol cool », je ne sais plus c’est dans un film qu’il y avait ça, film pour ado, c’est donc la transgression, ça c’est cool et  progressiste… Cette question du don elle est aussi fondatrice de la société.

Je pense vraiment aux travaux d’anthropologie, évidemment on pense à Lévi-strauss, à Marcel Mauss, et là je crois qu’on est en train de nous saborder complètement cette dimension dans cet enseignement précisément. Là je parle aux adolescents, je ne parle évidemment pas des interdits fondamentaux de faire cet enseignement aux enfants et aussi, je parle vraiment de cette dimension, dont on ne va pas parler ensuite beaucoup je pense mais qu’est-ce que c’est que cette sexualité qui est proposée ?

Et aussi, de la nécessité pour l’adolescent de buter face à des interdits, face à des mystères et il va transgresser à un moment donné, c’est cette initiation qui va lui permettre de rentrer dans l’âge adulte et dans la civilisation à un moment donné des adultes dans sa citoyenneté.

Il va devoir découvrir par lui-même, traverser une ombre, traverser quelque chose de silencieux, de mystérieux, et c’est initiatique. Or là, en fait toute cette proposition pour des adolescents vise à leur faire perdre complètement l’accès à cette initiation puisqu’en fait, il n’y a plus de mystère, tout est déballé comme ça sur un plateau et on ne parle pas de l’essentiel.

Donc, je ne crois vraiment pas que ce soit la prévention. De toute façon, tout ça vous l’aborderez avec mes collègues qui vous parlerons de la question de l’enfance, de leur expertise. Je crois que c’est important aussi dans une société qui confond l’opinion et l’expertise de le rappeler. Si vous voulez par exemple réparer votre voiture, il ne faut vraiment pas venir me voir par contre pour questionner le langage si. 

C’est important aussi de respecter ça mais cela n’a pas été fait pour des « droits sexuels » en tout cas pour la rédaction de ces textes.

Voilà, je vous remercie vraiment beaucoup pour l’attention, c’est difficile de parler de ce sujet dont on pourrait en parler des heures de le réduire à peu de temps et encore c’était assez long, ça mériterait vraiment d’être approfondi. Voilà merci beaucoup et à bientôt… Au Québec, bien sûr.

 

Charles Marsan :

Merci à l’auteur Ariane Bilheran pour la grande clarté de ses propos, sa générosité et son dévouement à améliorer notre compréhension des grands enjeux de société.

Je vous suggère de consulter ses plus récents ouvrages, en vente sur amazon.com, amazon.fr, amazon.ca, dont notamment

Psychopathologie de la paranoïa

Harcèlement. Psychologie et psychopathologie

L’imposture des droits sexuels

 

Entrevue réalisée par Charles Marsan le 22 juin 2017

Musique composée par Hicham Chahidi

 

Textes :

Standards pour l’éducation sexuelle en Europe

Déclaration des droits sexuels

https://www.ippf.org/sites/default/files/ippf_sexual_rights_declaration_french.pdf

 

 

 

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