Masters

Ariane Bilheran a obtenu 4 Masters : un Master Professionnel en Psychologie Clinique & Psychopathologie, un Master Recherche en Psychologie Clinique & Psychopathologie (préparation au Doctorat), un Master en Philosophie Morale & Politique, un Master en Lettres Classiques. 

Vous trouverez ci-dessous le résumé de ces travaux de recherche.

 

Master Professionnel de Psychologie Clinique & Psychopathologie

Mémoire de DESS de Psychologie Clinique & Psychopathologie

« Le Syndrome de Médée. Impacts psychiques de la maltraitance maternelle »

Université Aix-Marseille I

Directeur : Jean Louis Pedinielli, Professeur de Psychologie Clinique & Psychopathologie

Résumé

La figure de la mère maltraitante est souvent taboue, même pour les cliniciens. Au cours d’un stage professionnalisant dans un service destiné au placement d’enfants carencés et/ou maltraités en famille d’accueil, ce travail a souhaité interroger les impacts de la maltraitance maternelle sur le développement psychique de l’enfant. En quoi la maltraitance maternelle entraîne-t-elle des troubles psychologiques graves chez les enfants qui la subissent, et quelle est la nature de ces troubles ?

Il apparaît que la maltraitance maternelle va à l’encontre du développement psychique de l’enfant, car elle est porteuse d’un paradoxe originel où la vie se confond avec la mort. De fait, la figure maternelle semble recouvrir cinq fonctions majeures (la fonction porteuse, la fonction couveuse, la fonction nourricière, la fonction libidinale et la fonction porte-parole). La maltraitance maternelle se caractériserait par la manifestation de la pulsion de mort à l’endroit de la pulsion de vie, et par la défaillance à l’endroit de ces fonctions. Dès lors, l’enfant maltraité manifesterait une symptomatologie spécifique, à l’image de ce paradoxe, image que ce travail a conceptualisée par un syndrome, dit « Syndrome de Médée », du nom mythique de la mère devenue fureur mortifère à l’égard de sa progéniture.

 

Master Recherche de Philosophie

Mémoire de DEA de Philosophie Morale & Politique (M2)

« La maladie chez Nietzsche »

Université Panthéon-Sorbonne, Paris I

Directeur : Pr. Eric Blondel, Professeur émérite à Paris I

Résumé

Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, présente l’homme comme « l’animal malade » (« das kranke Tier »), puisqu’il est celui de tous les animaux que « la blessure elle-même contraint à vivre », au point que la maladie lui est essentielle et qu’elle devient partie constitutive de son être. C’est dire l’implication philosophique que semble revêtir la notion alors que, paradoxalement, il est patent que Nietzsche s’est abstenu d’une réflexion systématique au sujet de la maladie dans ses écrits. Il s’agira donc de tenter un essai définitionnel de la maladie, de ses domaines d’intervention et de ses implications pratiques, au sein du sermon nietzschéen énoncé à la civilisation. Bien entendu, on ne saurait penser la maladie sans penser la santé. Pourquoi donc centrer cette étude sur la maladie plutôt que sur la santé ? Orienter la perspective de ce mémoire davantage sur la maladie nous a semblé plus intéressant d’un point de vue heuristique, dans la mesure où la maladie est une épreuve, un moment critique au sens grec du terme (la krisis) : moment du discernement, du jugement, sommet et moment révélateur de la crise, à partir de laquelle tout est envisageable et tout bascule, vers la santé et la vie, ou vers plus de maladie encore, et la mort. En ce sens, la maladie peut apparaître comme un critère philosophique (en termes axiologiques, ontologiques, épistémologiques, gnoséologiques…).

Le choix du corpus s’est opéré à l’aune du postulat d’une unité entre la vie de Nietzsche et son œuvre. Si la notion de maladie occupe, à mon sens, l’intégralité des ouvrages nietzschéens – et ce, dès La Naissance de la tragédie - , elle est particulièrement prégnante dans les travaux des années 1880, peu avant que Nietzsche ne sombre dans la démence, en 1889. En outre, c’est à partir du Gai Savoir que la philosophie de Nietzsche se déplace vers le problème de la maladie et abandonnera peu à peu le terrain de la représentation. C’est pourquoi nous avons organisé la présente étude autour de cette période critique dans la vie de Nietzsche.

Les interrogations qui traverseront notre analyse seront les suivantes :

Nous tâcherons de démontrer :

  • que la maladie est une idée directrice du propos nietzschéen : Nietzsche, en effet, stipule que la civilisation est malade sur le plan affectif ; or l’affect conditionne selon lui la pensée.
  • mais aussi qu’elle est une idée régulatrice de la santé : sans la maladie, on ne peut mesurer la santé et, bien plus, la santé ne saurait se définir sans la maladie qu’elle surmonte.

Plusieurs questions se profilent dès lors. La définition de la notion est-elle univoque ou plurielle ? En quoi la maladie n’est-elle pas dépréciée au regard de la santé, mais est-elle à inclure dans une dialectique qui lui donne une connotation d’efficace positive ? Sur quoi repose le diagnostic de maladie ? A quels niveaux opère-t-elle (physique, moral, psychique, individuel, collectif…) ? Comment définir ce qu’est un philosophe-médecin, et quelles implications philosophiques sont postulées dans cette appellation ? Peut-on parler d’un statut épistémologique, heuristique et/ou méthodologique de la notion dans la philosophie nietzschéenne ?

Dans un premier temps, cette étude procèdera à une saisie descriptive et analytique de la maladie dans le corpus, afin de mettre à jour les diverses appréhensions du pathologique, d’expliciter les ambiguïtés de la notion chez Nietzsche, et de dévoiler le kaléidoscope des interrogations que cette notion suscite. Nous évaluerons la pertinence d’une approche globalisante et synthétique de la maladie, par-delà l’irréductibilité du corps au psychisme et la diversité des causes, manifestations, symptômes et effets des affectations du mental et du physique, et l’exemplification nietzschéenne par le truchement de l’étude de cas. On se demandera, pour ce faire, si la maladie peut être caractérisée comme un genre à plusieurs espèces, si une quelconque classification reste envisageable, à partir du corpus nietzschéen, tout en procédant à un essai définitionnel de la maladie.

Dans un second temps, nous tenterons de conceptualiser la maladie à l’aune de la santé pour voir, en tant que la maladie est un révélateur de la santé, ce qui les différencie et les caractérise chacune en propre. Le point nodal de la réflexion consistera à penser le sujet dit malade en opposition à une manière de norme ou de normalité dont il s’écarte, soit par excès ou trop-plein, soit par défaut ou carence, ce qui pourra conduire à se demander si l’évaluation de la maladie obéit, et dans quelles conditions ou sous quelles restrictions, à des critères quantitatifs. Cette recherche ne saurait non plus se départir d’une évaluation en des termes qualitatifs. Nous serons donc particulièrement vigilants à déceler dans la pensée nietzschéenne les modalités de sélection des critères qui permettent de juger de l’état de santé de l’individu, sans omettre un éventuel examen de la dimension axiologique et des valeurs morales présidant au corps et à l’esprit sains. Ainsi, nous nous demanderons, par exemple, en quoi consiste cette norme de santé, si elle est un équilibre moyen ou un sommet, ses caractères propres s’ils peuvent se décrire aisément (dans la mesure où il arrive à Nietzsche de voir dans la maladie un état de santé supérieur). Cela nous conduira à interroger la dialectique inhérente au couple santé/maladie, à procéder à une typologie des santés et des maladies, et enfin, à nous demander si la santé peut se définir sans faire appel à la maladie.

Enfin, nous interrogerons le statut du philosophe qui se dit médecin de la civilisation, entend soigner et confère à la maladie un pouvoir didactique, heuristique, et paradigmatique, dans un ensemble philosophique qui pense à nouveaux frais les traditionnels et éculés rapports entre l’âme et le corps, annonçant en divers points l’avènement de la psychanalyse. A l’échelle individuelle, il s’agira de penser une crise du discours philosophique traditionnel du sujet, dans son rapport identitaire aux autres mais en outre et surtout dans la saisie unitaire de son être par-delà le dualisme primaire corps et âme. De fait, la maladie, en permettant de révéler une étrangeté aux autres comme à soi-même, a des vertus didactiques, et opère comme un critère à partir duquel le travail du philosophe médecin peut débuter, alors que la santé demeure indigente à susciter un tel questionnement. Nous verrons en quoi cette crise, qui se traduit au cœur du parcours personnel de Nietzsche – ce dont témoigne le « moment » du Gai Savoir - en rupture avec l’approche philosophique classique de la question de l’identité, commande une façon novatrice de penser - et donc d’écrire - la philosophie, et qui n’est pas sans rapport avec les prémices de la recherche psychanalytique, contemporaines de Nietzsche. Il appert en effet que l’un des intérêts majeurs de la réflexion nietzschéenne sur ce sujet est d’avoir privilégié une prise en compte de la temporalité comme facteur agissant au cœur de la maladie, elle-même moteur à l’origine de l’introspection, ce qui exige de penser l’individu sur le mode d’incessantes forces qui interagissent.

 

Le DEA de philosophie morale et politique d'Ariane Bilheran est accessible sous la forme de livre, disponible en librairie ou sur le web.

Bilheran, A. 2005. La Maladie, Critère des Valeurs chez Nietzsche, Paris, L'Harmattan.

 

Master Recherche de Littérature

Mémoire de Maîtrise de Lettres Classiques (M1)

« Flaubert et Polybe, entre Littérature et Histoire »

Université Panthéon-Sorbonne, Paris IV

Directeur : Pr. Françoise Mélonio, Professeur de Littérature Française

Résumé

L’œuvre Salammbô de Flaubert décrit l’occupation de Carthage par les Mercenaires. Flaubert a souhaité développé ce que l’historien grec Polybe avait souhaité taire par pudeur : les atrocités commises et subies à cette occasion. Cette source historique pose ainsi la question du traitement de l’histoire par la littérature : qu’est-ce qui différencie le roman historique du récit historique, mais aussi de l’œuvre littéraire qui puise son inspiration dans l’histoire ? Peut-on discerner une temporalité de la narration spécifique à la littérature lorsqu’elle se saisit de l’histoire ? Cette recherche a fait l’objet d’une comparaison méticuleuse entre l’œuvre (en grec) de Polybe et celle de Flaubert, qui s’en inspire grandement.

Le mémoire ainsi que ses annexes sont référencés à l’INSERM-CNRS dans la section réservée à Gustave Flaubert.

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